VENUS : DEPOSITION D’EDMOND ROSIERE, JARDINIER

Posté par rabelaisblog le 1 mai 2011

    Bonjour, je viens faire une déposition à propos du meurtre du fils de mon patron M. de Peyrehorade. Je suis son jardinier depuis six ans. Je m’appelle Edmond Rosière et j’ai 32 ans.

   jeudepaume.jpg Hier matin, j’étais en train de tailler un buisson en face du terrain du jeu de Paume quand tout à coup, j’ai vu M. Alphonse vêtu de sa tenue de mariage. Il portait une rose à la boutonnière, un habit neuf, des gants blancs, et des souliers vernis. Il s’est dirigé vers le terrain de jeu de paume. Il a enlevé son habit et a demandé une veste, puis a échangé ses souliers contre des sandales . M. Alphonse a manqué la première balle et il a accusé sa bague. Il était très énervé et il est parti en direction de la statue.

     Je l’ai suivi car cela m’intriguait. Il est tout de suite allé la mettre à l’ annulaire de la Vénus,bague.jpg puis il est revenu continuer la partie. J’étais choqué par son comportement: il n’avait pas l’air de tenir à cet anneau. J’ai lâché mon sécateur   pour regarder la suite de la  partie qui est alors devenue intéressante. Sans sa bague, il a fait gagner son équipe, comme si la Vénus pouvait avoir des pouvoirs sur le comportement de M. Alphonse. Il n’a manqué aucune balle, il s’était métamorphosé ! J’ai eu l’ impression que la statue avait senti la bague et qu’elle croyait être devenue sa femme. Quand je suis allé voir l’idole, elle souriait ! A la fin de la partie, son adversaire l’Aragonnais a  chuchoté : « Me lo pagaras ».

     Quand M. Alphonse est parti à la cérémonie, j’ai repris mon travail. Soudain, j’ai entendu une voix énervée crier:  » Je vais le tuer ! « 

Je me suis retourné, mais il n’y avait personne autour de moi sauf la statue. En plus, j’ai cru voir bouger ses lèvres. Ses sourcils étaient froncés et ses yeux plissés. A ce moment là,  j’aurais juré que la main qui portait l’anneau a craqué et que ses doigts se sont recroquevillés jusqu’à former un poing. 

    medicament.jpg M. le commissaire, en ce moment, j’ai une maladie cardiovasculaire. Je dois pendre un traitement midi et soir qui me provoque des troubles et qui m’épuise. Mais je suis quasiment sûr que c’est cette statue qui s’est vengée, car dans ma tête, j’entends toujours cette voix féminine énervée crier:  » Je vais le tuer ! « . Voici mon témoignage, M. le commissaire. J’espère qu’il fera avancer votre enquête.

Edmond Rosière, Inês

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