RÉCIT FANTASTIQUE

Posté par rabelaisblog le 29 mai 2011

ÉJe m’observe dans le miroir, attachant mon collier de perles blanches à mon cou. Mon visage a perdu depuis bien longtemps son éclat de jeunesse. Des rides se sont creusées  sur toute sa surface, particulièrement prononcées sous mes yeux, me donnant un regard triste et las. J’essaye pourtant de me réjouir de cette invitation au bal, mais comment le pourrais-je? Je ne cesse de penser à ce souvenir atroce qui me hante sans arrêt.

C’était il y a bien longtemps, un soir d’été, doux et agréable. Maxime et moi étions en chemin pour une réception à laquelle nous étions conviés. J’étais jeune et jolie, un peu naïve seulement. Mes longs cheveux blonds dansaient dans le vent, mes yeux noisettes exprimaient une insouciance et une gaieté enfantines, mon visage était pâle mais mes joues étaient légèrement rosées, mes lèvres étaient toujours ornées  d’un sourire  joyeux. Maxime était un beau jeune homme, avec un air raisonnable. Nous nous aimions.

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Nous arrivâmes à cette soirée. Il y avait déjà de nombreuses personnes qui dansaient joyeusement au rythme qu’imprimait l’orchestre enthousiaste. Nous nous joignîmes aussitôt à elles pour une polka des plus entraînantes. Lorsque l’orchestre entama un morceau plus lent, j’informai Maxime que j’allai me rafraîchir avec un verre d’eau. A peine me fus-je éloignée de mon bien-aimé qu’une femme s’approcha de lui. Cela ne m’aurait pas dérangée d’ordinaire mais elle paraissait étrange et angoissante.

Elle avait une peau extrêmement pâle, à un tel point qu ‘elle semblait transparente. Ses cheveux noirs tranchaient étrangement sur son teint. Ses yeux étaient gris, et je n’avais jamais vu des yeux d’une telle couleur. Elle avait un regard hypnotique qui ne se détachait pas de mon mari. Elle marchait lentement vers lui, dans sa robe de soie rouge, et elle me fit frémir. Mais sans  doute interprétais-je mal ces évènements. J’allai donc me désaltérer. Lorsque je revins à l’endroit où j’avais laissé Maxime, il n’y était plus.

Je cherchais au milieu de la foule, mais ne le trouvais nulle part. Je pensai donc qu’il était sorti pour respirer un peu l’air frais du soir et me dirigeai vers le jardin. La nuit était maintenant tombée et  de sombres nuages masquaient la lueur rassurante de la lune. Je vis alors mon bien-aimé qui s’éloignait sous la pluie, avec cette femme qui s’était approchée de lui un peu plus tôt.

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 A ce moment, un éclair fendit le ciel et le tonnerre gronda. Je vis les deux silhouettes s’enfoncer dans la nuit noire et angoissante, sous la pluie de plus en plus violente. Je restai figée sur place, les jambes flageolantes. J’avais peur.  « Mais pourquoi ai-je peur ? me dis-je, enfin. Maxime a sûrement raccompagné cette femme jusque chez elle car elle craignait de rentrer seule. Il allait sans aucun doute revenir et s’excuser de m’avoir laissée». Je m’assis donc et attendis son retour.

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Le temps passait et je ne le voyais pas revenir. Les gens dansaient et passaient du bon temps. Les femmes tourbillonnaient dans leur robe de dentelle colorée, et leurs cavaliers les regardaient en souriant. Ce charmant tableau aurait dû me réjouir, mais il me donnait le tournis. Les rires heureux et la musique bruyante me tambourinaient aux oreilles et me donnaient une violente migraine.  

Soudain, j’aperçus la femme qui accompagnait mon cher mari un peu plus tôt. Elle marchait de son pas lent et avait ce regard hypnotique et sans vie. Mais elle avait l’air plus rose que la dernière fois que je l’avais vue. Malgré la crainte qu’elle m’inspirait, je m‘approchai d’elle. Je voulus lui toucher le bras pour qu’elle se retourne, mais il me sembla que je passai à travers elle. Me raisonnant, je dis :

« - Excusez- moi mademoiselle, vous étiez avec mon mari tout à l’heure. Pourriez- vous me dire où il se trouve s’il vous plaît ? »

Elle se tourna subitement vers moi. Son expression changea. Ses yeux devinrent noirs et exprimèrent une atroce cruauté, elle esquissa un sourire effroyable. Je fus terrifiée. Une sueur froide  me coula dans le dos, mes mains tremblèrent, j’eus soudainement froid mais mon corps était pourtant brûlant. Je l’observais sans bouger. Elle avait repris son air fantomatique, son regard fixe  et continuait d ’avancer lentement, faisant danser sa robe rouge.

Elle s’approcha alors d’un autre homme…

 

Arbus Oriane 4ème2

 

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3 Réponses à “RÉCIT FANTASTIQUE”

  1. derain nina dit :

    Super
    ça reflète vraiment le suspense du fantastique
    bravo

  2. athea dit :

    Joli suspense, démon ou femme réelle ? Texte court mais dynamique et intéressant. continuez surtout à publier vos textes; n’hésitez à envoyer tout ce que vous voulez à madame ryf, le blog est riche comme vous pouvez le constater.

  3. Léa dit :

    J’adoore quel suspense à la fin :)
    Troop biien

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