VIPERE AU POING
Posté par rabelaisblog le 23 novembre 2011
Vipère au poing
Si mon livre était un lieu, ce serait un cimetière. Dans ce livre, Jean Rezeau est constamment battu, persécuté par sa mère Paule. Jean et ses frères, Cropette et Frédie, la surnomment même Folcoche (diminutif de Folle et Cochonne ). Ce surnom apparaît pour la première fois page 42 :
<< La folle ! La cochonne ! >> répétait Frédie en se déshabillant, si haut que ses injures traversaient la cloison. Et, tout à coup, contractant ces termes énergiques, il rebaptisa notre mère : << Folcoche ! Saleté de Folcoche ! >>
Nous ne la connaîtrons plus que sous ce nom. Ils la surnomment ainsi en raison de son extrême méchanceté et de sa dureté envers ses 3 enfants. Dans un cimetière tout est sinistre..
5 adjectifs pour décrire ce livre
CAPTIVANT
Jean nous raconte l’évolution de sa relation avec sa mère au sein de La Belle Angerie qui est le manoir familial des Rezeau, le « siège social, depuis plus de 200 ans, de la famille Rezeau » selon Jean (page 9). L’histoire se déroule à partir de l’été 1922. L’histoire nous captive car on veut savoir comment Jean et ses frères vont se venger de leur mère et comment cette relation tendue va évoluer.
REALISTE
Tout ce qui se passe dans ce livre est en partie autobiographique, et tout ceci n’est pas surréaliste ni exagéré. Il existe en effet des parents extrêmement durs et violents avec leurs enfants, ce qui nous laisse largement imaginer les événements qui ont inspiré le romancier…
HAINE
Les enfants Rezeau haïssent leur mère, comme le dit si bien Jean, page 52:
« Non, ma mère, il n’y a plus qu’un seul verbe qui compte ici,
et nous le déclinons correctement à tous les temps.
Je te hais, tu me hais, il la haïssait, nous nous haïrons,
vous vous étiez haïs, ils se haïrent ! »
Ils la détestent au point de vouloir la tuer, comme dans le chapitre 16 où les enfants Rezeau se baladent en bateau sur la rivière près de La Belle Angerie ; leur mère Folcoche leur dit de revenir. Jean a concocté un plan macabre : ils passent sous une petite passerelle, devinant que leur mère essaierait de sauter de la passerelle dans le bateau pour leur donner une correction. C’est exactement ce qui se produit : Folcoche saute de la passerelle mais au dernier moment Jean fait virer la barque vers la gauche, laissant alors leur mère tomber dans la rivière, dans l’horrible but qu’elle se noie. Lorsqu’elle essaie de rejoindre le rivage, ils tentent même de lui fendre le crâne en la heurtant avec leur bateau mais elle les esquive et parvient à sortir de l’eau.
Si ce livre était un son
Ce serait le son d’une baffe car dès la page 22 lorsque la famille Rezeau va accueuillir Folcoche sur le quai de la gare, lorsque les enfants courent vers elle pour l’embrasser, elle les gifle violemment , prétendant qu’elle veut descendre du train tranquillement. A partir de là se succèderont de nombreuses paires de baffes données par Mme Rezeau..
Si mon livre était une couleur ce serait le noir. Couleur du désespoir, de la mort, de la nuit.. Jean Rezeau est constamment triste en raison de la vie impossible que lui mène sa mère (exemple dans le chapitre 7, où l’on apprend que Folcoche n’hésite pas à planter sa fourchette dans le dos de la main de ses enfants à table, quand ceux-ci se tiennent mal.) , des idées morbides le suivent, il n’est pas heureux du tout. Il espère des changements, mais sa mère continue de le persécuter, de le frapper, lui et ses frères..
Si mon livre était un animal ce serait
le renard. Animal sournois qui attaque souvent ses proies par derrière, il agit comme Folcoche. Elle ne prévient jamais quand elle donne un coup, elle le fait encore moins quand elle prépare un piège pour que l’on accuse à tord ses enfants, exemple page
Un nouveau titre pour ce livre ?
Vengeance à Folcoche !
On apprend en effet page 52 que Jean et ses frères inscrivent sur tous les arbres du parc et tous les arbres de l’allée menant à La Belle Angerie deux lettres : V.F. qui veulent dire Vengeance à Folcoche !
Si mon livre était une oeuvre d’art, ce serait La vielle femme grotesque de Quentin Metsys (1513) car sur ce tableau on voit une femme très laide et dans le livre, Jean et ses frères n’arrêtent pas de répéter que leur mère est laide, qu’elle a un gros menton, un très grand nez, des cheveux secs.. Ce tableau représente bien l’idée que les enfants Rezeau ont de leur mère.
ADAPTATION CINEMA :
Vipère au poing (2003) de Phillipe de Broca.
Stephen, 3°2
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L’AUTOBIOGRAPHIE (Bibliographie – 1ère partie)


















Ce livre est à la hauteur de Monsieur Hervé Bazin, un véritable chef d’œuvre.