L’ ARBRE AMBRE

Posté par rabelaisblog le 19 mai 2012

 

L’Arbre Ambre

                                                                   L' ARBRE AMBRE   dans RECITS DSCF0069-300x240
(inspiré d’une histoire vraie)

Notre père nous avait mis en garde contre lui, « L’arbre Ambre », « L’Arbre des Animatranis*«  ou aussi appelé « L’abre des djinns* »(djinn*: fée ou démon). Il nous avait raconté que ce jujubier avait été planté autrefois par un arrière-arrière-arrière oncle de notre famille nommé « Ambre »(prononcé « Anbar » en arabe). En fait, tout le monde disait qu’il était maudit, et on pouvait le prouver par des phénomènes très spéciaux … Pour que vous compreniez de quoi cet arbre est capable, il faut que je vous raconte tout ce qu’on sait de lui et les histoires qui courent à son sujet.

La première histoire que papa nous a raconté, c’est l’histoire de Aïcha Kandicha. Ce démon est capable de changer de forme mais quand il montre sa véritable apparence … on se rend compte que c’est une femme avec des pieds de vache ! Voilà l’histoire de Aïcha :

Un paysan était dans son jardin en train de cultiver sa terre quand il entendit qu’on toquait derrière le mur du jardin, il n’alla pas ouvrir. C’est alors qu’il vit une jambe passer par-dessus le mur (qui faisait au moins deux mètres) puis une autre ! Une femme avec un enfant dans les bras atterit juste devant lui, elle lui dit :

« - Donne moi du lait

- De quel droit me donnes-tu des ordres et rentres-tu chez moi sans mon accord, vilaine sorcière ! »

À ces mots, la femme s’approcha lentement de l’homme, le dévisagea puis, ouvrit grand, grand, GRAND la bouche! Elle avala le paysan tout cru !

Ceci n’est qu’une légende africaine comme les autres mais il y a eu des témoins et ce n’est pas fini !

Une autre histoire, mais celle-ci bien réelle, est arrivé :

Après cette histoire de paysan dévoré par Aïcha vue près de l’arbre, un bûcheron décida d’aller couper l’Arbre pour en finir une bonne fois pour toutes ! Une fois arrivé au pied de l’arbre, il commença son travail mais, même après une demi-heure à essayer de couper l’Arbre par le tronc, le jujubier n’avait toujours pas une égratignure. L’homme décida donc de couper les branches de l’Arbre mais il commençait à faire tard…il en coupa une seule, puis il décida de rentrer chez lui et de reprendre le travail le lendemain.

Le lendemain matin, il voulut se lever mais … ses deux bras étaient paralysés ! Il consulta les meilleurs médecins du Maroc mais aucun ne fut capable d’expliquer ce qui lui arrivait. Aujourd’hui, l’homme n’a toujours pas retrouvé l’usage de ses bras et partout, on raconte que c’est l’Arbre qui l’a puni de lui avoir coupé une branche … Vous voyez que cet arbre est dangereux !

Avec tout ça, on aurait dû avoir les chocottes mais non, même quand on est allé le voir, nous, les deux sœurs rebelles, on n’avait pas peur !

Pourtant on l’a vue la fameuse branche coupée, elle était belle et bien là, il y avait de quoi avoir peur … quand on était sur le chemin avec papa et Zouhair (mon oncle), papa nous a dit qu’on y était presque et Zouhair nous a quittés.

Papa nous a dit que c’était parce qu’il avait peur de l’arbre qu’il ne nous accompagnait pas. On a donc continué le chemin sans Zouhair mais, à un moment, comme s’ il y avait une frontière à ne SURTOUT pas dépasser, la verdure s’arrêta. Plus aucune petite brindille ni herbe ne poussait et le sol était extrêmement sec ! J’ai demandé à papa ce-que c’était que ce phénomène et il m’a répondu que c’était l’Arbre qui refusait qu’une autre plante pousse à proximité de lui et qu’il avait tout essayé : il avait planté d’autres jujubiers, de la luzerne … RIEN ne marchait et tout mourait au bout de quelques jours à peine ! Bizarre, non ?

Quand on est arrivé à L’arbre, on a remarqué qu’il était tout biscornu et torturé. En même temps, c’est un peu normal puisqu’il a quatre-cents ans à ce qu’on raconte, il a dû en voir des bûcherons! Bref, quand j’ai tendu ma main vers l’écorce noire de l’Arbre, c’est comme si une force invisible m’empêchait de le toucher, peut-être que c’était simplement psychologique mais ça m’étonnerait car j’ai VRAIMENT essayé de le toucher !

Bon, l’Arbre est dangereux mais il ne viendra pas vous avaler si vous ne lui faites rien ou si vous ne le provoquez pas ! Pour se faire engloutir (il faut être fou ou folle comme ma sœur et moi), il faut des conditions bien particulières. Papa avait fait l’erreur de nous les dire…il faut venir au crépuscule et prononcer devant l’Arbre : « Oh ! Toi qui ne me vois pas, si tu n’as pas encore diné, voici ton dîner ! » et HOP, la terre s’ouvre sous vos pieds et vous êtes avalé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire !

Certains racontent qu’on passe devant des démons qui nous jugent, s’ ils nous aiment bien, on peut leur demander un vœu et remonter à la surface, s’ ils ne nous aiment pas, on est condamné à rester jusqu’à la fin des temps à travailler aux enfers sans espoir de remonter un jour à la surface…Mais, papa nous avait dit que nous, LA famille des Bensbaa* (Bensbaa*: fils du lion), on ne risquait rien parce que les démons avaient une dette envers nous, ba oui, c’est un Bensbaa (Ambre) qui a planté cet arbre qui est maintenant leur habitat, aux démons !

Ba franchement, ils n’en ont rien à faire les démons, des dettes qu’ils doivent aux humains! Bon, maintenant, vous savez tous ce qu’il faut pour comprendre, ce qui nous est arrivé à ma soeur et à moi … Quand on a préparé nos sacs, j’ai mis dans le mien : un paquet de mouchoir, deux rouleaux de papier-toilettes, ma petite peluche de licorne (que j’ai nommé Licornou), une bouteille de Fanta (j’adore ça), un petit canif, une boussole, une casquette (même si sous terre, y a peu de chance de trouver du soleil mais bon … ), un miroir et du maquillage (il faut savoir rester élégante dans toutes situations), une petite couverture (même si dans les entrailles de la terre, logiquement, on devrait pas avoir trop froid), mon journal (pour raconter ce qui m’arrivera là-bas), ma petite lampe de torche à énergie solaire (ou lumière quelconque), un paquet de gâteaux au chocolat et des bonbons très acides (pour accompagner le Fanta), mon portable (même si je doute qu’on arrive à avoir du réseau) et mon porte-bonheur, un petit bracelet que ma grand-mère m’avait offert quand j’étais petite …

On est parti de la maison, il devait être environ seize heures. Si on est parti si tôt, c’était parce que, là où Ambre a eu la bonne idée de planter son arbre de malheur, c’est maintenant une propriété privée surveillée par deux ÉNORMES rodvailers royaux! Alors le temps d’arriver à l’arbre, y a du chemin ! Et puis aussi pour être sûr d’être à l’arbre au couché du soleil pour prononcer la formule qui nous enverra tout droit dans les entrailles de la terre …

Bon, première étape : se sauver de la maison sans être repéré! On est discrètement sorti de la chambre, mais, de toutes manières, comme on venait tous de terminer de manger et qu’après manger, au Maroc, c’est SACRÉ, il y a la sieste, on pouvait hurler dans toute la maison qu’on allait à l’arbre des Animatranispersonne n’aurait  bougé d’un pousse puisque tous dormaient ! On est donc sorti sans problème de la maison, on a « emprunté » le scooter d’un de nos oncles pour aller à l’arbre des djinns en semant ces saletés de cabots! Bien sûr, c’est la grande soeur (Ghalia) qui a voulu conduire (moi aussi je voulais conduire mais si on commençait déjà à se chamailler, on n’en finirait pas) ! Mais bon, c’était pas glorieux glorieux … déjà, on a calé quatre fois avant de réussir à démarrer ! Après, on zigzaguait dans tous les sens mais ça allait à peu près. Quand on est arrivé au niveau de la propriété, on a failli se dégonfler mais on a continué ! Ghalia a mis le moteur à fond les ballons et a brusquement démarré (j’ai failli être éjectée en arrière tellement on est parti vite) ! À peine on est rentré dans la propriété que les deux chiens sont arrivés ! Je me suis mise à crier tellement fort que là, oui, les gens qui faisaient la sieste auraient pu être réveillés ! La chienne a vite fatigué mais le mâle, lui, tenait le coup! Et le pompon, j’ai laissé tomber le sac de Ghalia par terre ! Le chien n’y a pas fait attention, il continuait à courir !

Quand je l’ai dit à Ghalia, elle a fait un énorme dérapage digne d’une professionnelle et est repartie face au chien pour aller rechercher son sac ! Du coup, les rôles étaient inversés, c’était nous qui courions (ou plutôt, roulions) après le chien et lui qui avait peur, courait en sens inverse ! Moi, je rigolais mais Ghalia, elle, était tellement concentrée pour récupérer son sac qu’elle ne faisait plus attention à tout ce qui l’entourait. Quand on est arrivé au niveau du sac, je me suis penchée pour le récupérer mais je l’ai loupé, on a refait une tentative et cette fois, j’ai réussi ! Le chien, lui, avait pris ses jambes à son coup depuis longtemps et on pouvait reprendre le chemin sans nous soucier de lui ! Du coup, on a tellement pris notre temps que quand on est arrivé, il était déjà dix-neuf heures ! On a vite fait l’inventaire de nos affaires dans nos sacs et on s’est assises au pied de l’arbre pendant environ un quart d’heure, le temps de nous préparer psychologiquement à ce qui nous attendrait là-bas…et ENCORE une fois, on a failli se dégonfler! Et surtout, ENCORE une fois, on a pas renoncé !

Bon, quand on a vu que c’était l’heure, on a mis nos sacs sur nos dos et on s’est tenu TRÈS fort les mains, on s’est mises face à l’Arbre (face à la grosse fente dans le tronc qui fait penser à une porte) et on a commencé la formule … « Oh ! Toi qui ne nous (normalement c’est « me » mais vu qu’on était deux … ) voit pas, si tu n’as pas encore diné, voici ton dîner ! » et là, c’est fou, on a été comme aspiré avec une telle force dans l’espèce de porte dans le tronc que c’était presque impossible de résister !

On s’est fait happer toutes les deux par l’Arbre comme deux petites poussières par un aspirateur géant ! Ce qui s’est passé juste après qu’on ait été aspiré, je ne m’en souviens pas du tout, gros trou noir … Mais après, la suite, oh OUI que je m’en souviens !  

 J’ai atterri, dans le noir, sur une surface dure et froide qui faisait penser à du carrelage mais comme je ne voyais rien … Il faisait un froid glacial et déjà, je regrettais mon acte. Qu’est-ce-qui m’était passé par la tête, j’allais mourir, c’était sûr ! Ce qui est bizarre, c’est qu’ à ce moment, c’est le cas de le dire, je n’ai pensé qu’à moi, je n’ai eu AUCUNE pensée pour ma soeur, à côté de moi, qui, peut-être, s’était cassé une jambe ou quelque chose comme ça, à l’atterrissage ! Comme j’avais honte, déjà, à peine les dix premières minutes chez les démons, les enfers commençaient à déteindre sur moi …

Après coup, j’appelai Ghalia, aucune réponse. Autre tentative, je m’époumonai, m’égosillai à appeler ma soeur ! j’entendis une petite voix éteinte … Je me dirigeai vers la voix, me rapprochai, me rapprochai, je tâtonnai maintenant, dans l’espoir de retrouver ma soeur, enfin, au bout d’ environ quinze minutes, je touchai quelque chose, je poussai un cri de joie, avant de me rendre compte que ce n’était pas ma soeur, loin de là …

Si ça avait été ma soeur, c’était qu’elle avait eu une soudaine poussée de poils et de dents car à peine avais-je touché la chose que celle-ci me mordit ! Je peux vous dire que ça m’a pas fais du bien ! Je me suis remise à crier mais pas pour la même raison, cette fois-ci ! Je me mis debout et me mis à courir à toutes jambes mais je fus vite rattrapée ! La chose me sauta sur le dos, elle était tellement lourde ! Elle me plaqua au sol, de la bave dégoulinait sur mon visage et dans mes yeux, une haleine pestilentielle envahie mes narines et me donna envie de vomir ! Si seulement j’avais pu voir la chose, cela m’aurait peut-être aidé pour savoir comment la combattre ! Mais au fond de moi, je savais bien que je ne voulais surtout pas voir à quoi j’avais affaire ! Le poids de la bête sur mon ventre m’empêchait de respirer et je commençais à me dire que mon séjour dans les enfers allait sûrement durer si je me faisais tuer ! Il fallait à tous prix que j’agisse, et pour cela, que je voie la bête car je ne tiendrais pas longtemps, à me battre contre un ennemi invisible ! Mais comment faire ? C’était le noir complet.

Dans les enfers, le néant ! C’est alors que je me rappelai … mon canif et ma lampe ! Mais avant toutes choses, il me fallait me dégager des pattes de la bête ! Je donnai un grand coup de pied devant moi et bizarrement, la bête, qui me paressait si puissante depuis le début, fut éjectée en un rien de temps ! Je sautai sur mes jambes, fis pivoter mon sac, l’ouvris et à peine j’eus sorti ma lampe et mon canif que la chose revint à la charge ! Mes doigts pétrifiés par la peur refusaient d’allumer la lampe et déjà, je me retrouvai éjectée en arrière à mon tour ! Je me relevai difficilement, un peu sonnée, et réussis enfin à allumer la lampe, je me figeai … Bizarrement, comme s’ il avait senti ce que j’essayai de faire, le monstre avait disparu ! La lumière de la lampe n’était pas très puissante et n’éclairait que sur un rayon d’ un ou deux mètres environ, du coup, je l’éteignis pour ne pas gaspiller le peu de batterie qui restait mais à peine l’avais-je éteinte, que derrière moi, j’entendis de nouveau un grognement pas très rassurant … Je pivotai en un rien de temps et en même temps, rallumai ma lampe ! Il était là …

Je ne m’étais pas trompée, velu, des dents effilées et acérées, des muscles saillants, des yeux haineux … un loup-garou ! Oui, vous avez bien lu, un LOUP-GAROU ! Tout dans ce monstre me faisait peur et était laid ! Tout sauf une chose, ses yeux ! Il avait des yeux magnifiques … des yeux d’un bleu clair, très clair, en y réfléchissant bien, TROP clair ! Des yeux d’aveugle, il était aveugle ! Mais s’ il était aveugle, comment arrivait-il à me repérer ?! La bouche ouverte, médusée (je devais avoir l’air d’un poisson rouge), je ne comprenais pas! Comment faisait-il ?! J’aurais bien aimé rester là à méditer mais,  malheureusement, la situation ne le permettait pas vraiment … Deux solutions s’offraient à moi : soit je décidais de rester et d’affronter la bête, dans ce cas là, il me fallait la tuer; soit je décidais de ne pas prendre de risques et dans ce cas-ci, il me fallait COURIR !!!!!!!!!! J’optai pour la manière douce, j’éteignais ma lampe à fin de ne pas attirer le monstre et fis volte-face avant de détaler à toutes jambes ! Le monstre, bien sûr, me rattrapa en un rien de temps ! C’est à ce moment que je compris qu’il ne servait à rien de fuir la bête, il fallait l’affronter, pas d’autre choix. 

Je me stoppais d’un coup, réfléchissant à un nouveau plan. Pour réussir à atteindre l’animal, il me fallait comprendre comment il me repérait alors qu’il était aveugle ! C’est alors que je me souvins … quand j’avais allumé ma lampe et m’étais figée, la bête ne m’avait pas sentie et était parti, c’était donc grâce à son ouïe qu’elle arrivait à me localiser ! Ba oui, quand je bouge ne serait-ce qu’un poil ou quand je respire, ça fait du bruit, un tout petit bruit mais quand même, c’est du bruit, et ce bruit, le monstre arrivait à l’entendre et à savoir où j’étais ! En gros, pour avoir une chance de m’en sortir, il fallait que je fasse la statue ! Mais si je faisais la statue, je resterai ici toute ma vie, bien sûr, il n’en était pas question !!! La tuer, je devais la tuer! Cette vision me glaça le sang, je ne pouvais PAS la tuer, pourtant, c’était la seule solution . Je restai là un moment, figée, paralysée, pétrifiée … J’essayai de me préparer psychologiquement à ce qui allait suivre, ça allait être violent, très violent … il y allait avoir du sang, soit le sang du monstre, soit le mien … La seule vue d’une goutte de sang suffisait à me faire tourner la tête alors imaginez une marre de sang ! Au bout d’un moment, je me décidai enfin à passer à l’action. Je me remis en mouvement pour attraper mon canif dans mon sac, je rallumais la lampe au moment même où l’animal sautait sur moi, je me jetai en avant et fis un roulé-boulé sur la gauche (comme dans les films) ! Je me retournai et fis face au monstre, il était VRAIMENT énorme ! Comment est-ce-que je pouvais tuer cette chose qui faisait 20 fois ma taille ? Impossible ! Impossible mais il fallait que je le fasse ! Pas d’autres alternatives . Comme je ne bougeais plus, la bête restait sans bouger elle aussi car elle ne me détectait plus, elle ignorait que je me trouvais juste devant son nez ! Mon cerveau bouillonnait, je ne parvenais pas à me lancer, j’avais trop peur! Moi, la sale petite rebelle sur terre, m’étais transformée en bébé une fois arrivée aux enfers ! Justement, je pensais qu’en allant aux enfers, j’allais m’endurcir encore plus et me dévoiler, et bien c’est raté. Ah si ! Je me suis dévoilée : une vraie fillette à son papa !!! Qu’est-ce-que j’avais honte … Il fallait que cela cesse, la fatigue me gagnait et je devais me bouger ! L’animal, quant à lui, se tenait comme un charme, il reniflait de-ci de-là, bayait, tournait, se grattait, au bout d’un moment, il finit par s’endormir …

Une opportunité comme celle-là ne se présenterait pas deux fois ! J’attendis encore quelques minutes. Puis, tout doucement, je fis un pas … aucune réaction … deux pas … trois pas … quatre pas … Bientôt, je me retrouvai à proximité de l’animal. Mes jambes flageolaient et les battements de mon coeur résonaient dans ma tête comme ceux de la cloche dans une cathédrale, mes mains étaient poisseuses (de vraies éponges), mes yeux refusaient de cligner de peur que la bête se réveille, elle pouvait se réveiller d’un instant à l’autre et me sauter dessus avant de m’arracher la tête avec ses dents ! Il fallait que je me reprenne, que j’arrête de me poser des questions et que j’y aille ! Mais comment voulez-vous ? Ma vie était en jeu, si je me loupai, c’était fichu, je passerai à la casserole, je n’arrivai pas à m’y résoudre ! 

J’élevai lentement ma main qui tenait le canif au dessus de l’animal, j’allais lui planter dans la peau quand, sang raison, il a ouvert un oeil ! Pas le temps de réfléchir, je lui plantai le couteau pile au milieu du le front (si on peut appeler ÇA un front) et poussai un cri curieusement animal ! La bête, se leva, me regarda dans le blanc des yeux et s’effondra comme une pierre devant moi … qu’elle repose en paix. Ma dureté me surprit moi-même ! Je venais de TUER cette « pauvre » bête et la seule chose que je trouvai à dire : « qu’elle repose en paix » !!! Une fois que je me rendis compte de mon acte, je m’écroulai à mon tour sur le corps de la bête. J’avais l’impression d’être une meurtrière, je ne suis pas une meurtrière ! En plus, si j’avais VRAIMENT été courageuse, je l’aurai tué alors qu’elle était réveillée au lieu de l’assassiner dans son sommeil comme une traître ! Un goût amer envahit ma bouche, au Maroc, quand quelqu’un va mourir, il paraît qu’il a un goût amer dans la bouche, c’est pour cela qu’on lui fait boire une boisson sucrée (dont j’ai oublié le nom). Bref, tout ce qu’il faut savoir, c’est que j’avais un goût amer dans la bouche. Incroyable, j’avais tué un être vivant et ma seule préoccupation était ma bouche, quelle égoïste ! Je restai là, à sangloter… je finis par m’endormir, serrant la charogne dans mes bras …

C’était mon deuxième jour aux enfers, enfin, si on peut appeler ça des jours ! À peine étais-je réveillée qu’une odeur pestilentielle et puissante emplit mes narines ! C’est sûr que dormir sur un cadavre en décomposition, ça n’aide pas ! Je me levai et décidai de faire le point : la veille, j’avais tué un loup-garou avec lequel j’avais ensuite dormi, mon canif était planté entre les deux yeux de l’animal et je ne pense pas que j’aurai le courage de lui extirper de là, ma lampe n’avait plus DU TOUT de batterie et par dessus le marché, j’empestai. Je comprends maintenant ce qu’est l’enfer !!! Je pense qu’il n’est pas utile de préciser que j’étais de mauvaise humeur. Mais malgré cela, il fallait que je me concentre pour réunir mes idées. Je n’y arrivai décidément pas. Je me rendormis.                                      

  Je fus réveillé par quelque chose, un bruit lointain. Non, pas un bruit, un cri !  J’ouvris alors les yeux et je vis ma soeur ! Elle tenait sa lampe vers moi et me regardai avec des yeux ahuris, je ne comprenais pas pourquoi ! Au moment où je voulu lui demandé une explication, ce ne sont pas des paroles mais des grognements sourds qui sortirent de ma bouche, je refis une tentative en essayant de parler à haute et intelligible voix cette fois … des rugissements à faire trembler la terre sortirent à la place ! Que mettait-il arrivé ?! Pourquoi est-ce-que ma soeur me regardait de cette manière ?! Je crois qu’elle avait un peu pitié aussi, elle me regardait avec horreur, peur et dégouts mais également avec regret … C’est alors qu’elle tendit vers moi mon petit miroir de poche (qu’elle avait sans doute prit dans mon sac)…à ce moment précis, mon coeur s’arrêta de battre. Le temps s’était figé autour de moi et ma soeur aussi ne bougeait plus. Je n’arrivai plus à respirer et un violent mal de tête me pris soudain. Que m’arrivais-t-il ?! C’est alors que je compris. Le loup garou m’avait mordue…j’étais devenue une bête.

  Il n’y avait pas de mot pour décrire cette sensation, j’étais devenue une bête, plus précisément un loup garou. Une de ces énormes mi-loup mi-humain qui dévorent tous les passants dans les films. D’un côté, j’avais peur de moi même, de l’autre, je me sentais incrayablement puissante. Ma soeur m’observait dubitatif. Je tentais un dernière fois de lui expliqué ce qui c’était passé et ce qui m’avait mis dans cet état mais en vain. Elle prit alors la parole :

<<-Oh…Nora…je peux pas te laisser toute seule sans qu tu fasses n’importe quoi ?! Bon, à partir de maintenant, c’est moi qui m’occupe de tout puisque tu ne sais pas te responsabilisé ! On marchera par vers le sud

Ambrine, 5°8

 

A suivre 

 

Et pendant ce temps dans la cuisine, où Ambrine a concocté cette très bonne histoire :

Salut Ambrine désolée d’écrire sur ton article mais je voulais te dire que j’adore ton histoire et je voulais te demander de qui tu prend la place en racontant cette histoire quand tu dis « je » ? (parce que ta sœur ne s’appelle pas Ghalia, si ? Peut-être en arabe ?) Bref j’adore ton histoire !! =)    Alice  

Coucou Alice! Dans l’histoire, je prends la place de la petite soeur, on apprendra mon nom plus tard dans l’histoire, c’est Nora. En effet, ma soeur ne s’appelle pas Ghalia (c’est un nom arabe que j’aime) mais Nawelle (qui est aussi un nom arabe) en vrai mais j’ai changé les vrais noms par d’autres noms arabes aussi. Par contre, mon oncle s’appelle réellement Zouhair. L’Arbre aussi s’appelle réellement L’arbre Ambre, mon arrière-arrière-arrière oncle avait vraiment planté cet arbre et les histoires que je raconte sont de vraies légendes au Maroc! Je ne fais que reprendre un fait réel pour inventer une histoire imaginaire! Je suis contente que l’histoire te plaise! =D    Ambrine

Waweeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee ! T’es trop forte ! Je pense que tu pourrais écrire un livre avec dedans, toutes tes histoires, mettons, du CM2 à la 3ème, un truc comme ça; et comme ça, tu pourras avoir des souvenirs de toutes tes années passées avec nous sur le rablog, et te souvenir du Maroc aussi, et en plus, si tu deviens écrivène, ben tu pourras publier ce livre et je te l’achèterai !! I love youuuuuuuuu bibine !=) 

Je suis très touchée, je suis vraiment contente que mon histoire te plaise autant! Je trouve que ton idée de regrouper toutes mes histoires dans un livre est très bien mais ça demanderait beaucoup de travail ! =D Je ne sais pas si je veux devenir écrivaine même si j’adore écrire, mais si je le deviens, je te dédicacerai ce livre : « À mon amie de collège, Alice G (alias : dindinou) » ! =D  Ambrine

Lol, héhéhéhé !!! Moi aussi j’aime beaucoup écrire ! On pourra écrire un livre ensemble !!! mdr Juste, j’ai remarqué que vers la fin de ton histoire, il y a marqué : « Ba oui quand je bouge bouge ne » et c’est tout ! C’est bizarre non ?? Wawe, j’avais pas vu la taille de ton histoire !!

Ouais, moi aussi j’adore ton histoire :) Margot

Pour le « bouge bouge ne », je sais que c’est comme ça, c’est parce qu’hier, quand j’ai continué mon histoire et que j’étais à cette phrase, j’ai dû m’interrompre et ça a donné un truc comme ça ! =D Je sais que mon histoire est très longue mais tu sais, là, c’est encore loin d’être terminé ! =D Merci margot, je suis contente que vous aimiez toutes les deux mon histoire!=D On fera un livre sur HIGH SCHOOL MUSICAL!=D

Lol !! ce serait trop bien hihihi en plus on pourra décrire la MERVEILLEUSE beauté de Troyes (je sais même pas comment ça s’écrit mdr!) héhéhéhé…nan c pas bien d’se moquer

7 Réponses à “L’ ARBRE AMBRE”

  1. Ambrine dit :

    Merci monsieur Karle !!! Je suis très contente que vous soyez venu sur le Rablog pour lire mon texte et que vous le fassiez lire à votre fille ! Encore merci et bonnes vacances ! ;D

  2. Vincent Karle dit :

    Salut Ambrine, comme promis je suis venu lire ton texte sur le blog, je suis impressionné, il est super, j’attends la suite avec impatience ! En attendant je vais le faire lire à ma fille de 11 ans. Bravo pour ton talent. A bientôt, Vincent Karle

  3. Alice dit :

    Merci, merci =p !!

    Cette idée est trop drôle hein ? j’étais sûre que ça vous plairait !! ;)

  4. rabelaisblog dit :

    un livre sur high school musical? hahahahaha morte de rire, vous etes geniales !

  5. Amélie dit :

    J’adore ton histoire j’attends la suite avec enthousiasme.

  6. Alice dit :

    Pareil ! Je pourrais le relire plusieurs fois sans m’en lasser ^^!

    C’est vachement drôle que tu aies laissé nos commentaires ! Ça rend le tout plus vivant et en plus c’est marrant ce qu’on se disait !

  7. Margot 5 8 dit :

    Je le redis, j’adore :)

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