L’APPEL DE LA FORET

Posté par rabelaisblog le 12 décembre 2016

L’Appel de la forêt

JACK LONDON

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Si L’Appel de la forêt était un aliment ce serait une endive:

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Il faut du temps pour retirer chaque feuille et atteindre le cœur. Puis à la fin, lorsque l’on croque le cœur, il laisse un goût amer.    

Le personnage principal, Buck, originaire de la Californie et chien du riche juge Miller, a été volé par le jardinier puis vendu à différents propriétaires pour mener une vie de chien de traîneau dans le Grand Nord.  L’histoire est rythmée par de nombreux événements. Il passe de maître en maître, rencontre des difficultés mais survit.

D’abord, on attend avec impatience qu’il retourne auprès du juge Miller pour retrouver une vie paisible . Puis, Buck finit par oublier cette vie confortable et est de plus en plus attiré par une vie sauvage dans la forêt. Mais la fin de l’histoire est triste et amère. Alors que Buck avait enfin un maître, John Thornton, qui l’aimait et le respectait, il découvre son corps sans vie après avoir été tué sauvagement par une tribu indienne, les Yeehats.         

« John Thornton était en train de dîner lorsque Buck reparut, sauta sur lui et, dans un délire de tendresse, le renversa, le piétina, lui lécha la figure, lui mordilla la main. John lui secouait la tête en l’accablant de qualificatifs grossiers, mais prononcés du ton le plus affectueux ».

 

«Buck avait donc la certitude que John Thornton, son maître, était mort. Cette certitude creusait en lui un vide assez semblable à la faim, mais qui faisait mal, qui brûlait, et qu’aucune nourriture ne pouvait apaiser »

 

    

Si L’Appel de la forêt était un animal, ce serait un loup:

loup

Tout au long de l’histoire, Buck change progressivement de comportement. Après avoir été  un chien modèle et fidèle, il finit par se comporter comme un loup et vivre parmi les loups loin du monde des hommes. 

Il est différent des autres chiens de traîneau qu’il rencontre. Il est beaucoup plus intelligent et résistant que les autres. D’ailleurs il inspirait à tous le respect en Californie.  D’abord, l’auteur en parle comme s’il était un homme. Il utilise le mot « dignité » ou « nature morale » pour le qualifier. Tous ses propriétaires le voient comme un chien exceptionnel parce qu’il est fort mais aussi parce qu’il sait dominer et diriger les autres chiens de traîneau.

Puis, il adopte des codes et un comportement qu’il n’avait jamais connu dans le monde civilisé du juge Miller. Il comprend très vite que pour survivre à « la loi du gourdin et des crocs« , il fallait être rusé mais aussi violent. La loi du gourdin est celle de la domination de l’homme.  Il savait voler de la nourriture sans que ses maîtres s’en rendent compte. La loi des crocs est celle des autres chiens. Il fallait soit tuer soit être tué.  Il ressent même un lien très fort avec ses ancêtres préhistoriques. Comme si la vie difficile dans le Grand Nord réveillait « un sentiment primitif endormi » en lui.

Il finit par se comporter comme un loup pour venger la mort violente de son maître tué par les YEEHATS. Le peuple YEEHAT est une tribu indienne vivant en Amérique du Nord. Ils tuent lorsque l’on pénètre sur leur territoire. Au moment de la tuerie, Buck n’était pas là. Il chassait dans la forêt car il était encore une fois attiré par « l’appel de la forêt ». Mais lorsque le chien rentra au campement, il découvrit que tout le monde avait été sauvagement tué (aussi bien les hommes que les chiens). Buck était très attaché à son maître.

D’une certaine manière l’auteur dénonce l’attitude animale des hommes. Ils tuent d’autres hommes pour les dominer. Ils sont violents avec les animaux et ne les respectent pas toujours.  Il dénonce les conditions de vie imposées aux chiens par les hommes du Grand Nord qui veulent toujours plus d’or. 

 » Il n’y a jamais eu un chien comme celui-là, dit John »

  « Sa ruse tenace était aussi celle du loup »

« De plus en plus, Buck se sentait avide de sang. Il était né pour tuer, chasser et se nourrir d’êtres vivants. »

« Ce qu’il entendait, c’était l’appel sauvage si souvent capté, mais cette nuit-là, plus séduisant que jamais. »

Ici sauvage signifie animal. Cet appel c’est celui des loups vivants dans la forêt mais aussi le lien avec ses ancêtres, les chiens sauvages, qu’il ressent au fond de lui et dont il fait souvent des rêves. IL se sent bien plus proche de ce monde animal, primitif, que du monde des hommes.

« Le dernier lien était rompu avec les hommes et leurs exigences. »

 

Si L’Appel de la forêt était une œuvre d’art, ce serait la Joconde:

JOCONDE

Tout comme le livre, elle ne nous lâche pas du regard. Cette histoire est riche en événements et en émotions. Les nombreuses aventures qui se suivent nous font espérer le retour de Buck en Californie. Puis, il se trouve entre deux mondes: celui des hommes et celui du monde primitif. On attend avec impatience de connaître le choix que Buck va faire. Il est difficile de fermer le livre comme si nous aussi nous étions hypnotisé par l’appel de la forêt. 

«Tout à coup il se souvint de ses compagnons de traîneau. Qu’étaient-ils devenus? Avaient-ils trouvé un refuge?[…] Ses compagnons avaient disparu! »

Ce passage donne envie de lire la suite du livre pour répondre aux questions que Buck se pose.

« Son instinct assoupi se réveillait… L’héritage de ses ancêtres domestiqués se détachait de lui. Heureusement, il reprenait peu à peu conscience des origines de son espèce, à l’époque où les bandes de chiens sauvages sillonnaient la forêt primitive et se nourrissaient des proies qu’ils rencontraient ».

 

En 3 mots ?

 

Émouvant: Le récit provoque beaucoup d’émotions particulièrement au moment de la mort inattendue de John Thornton. L’auteur montre sans cesse que Buck est très attaché à ce nouveau maître. Il lui obéit sans limite. Il ressent beaucoup d’amour pour lui. C’est un homme en qui il a enfin confiance.  Cette mort est à la fois une grande tristesse mais aussi le début d’une nouvelle vie pour Buck. Enfin, il peut répondre totalement à l’appel de la forêt et être lui-même, comme l’étaient ses ancêtres. Nous, les lecteurs, nous connaissons enfin le choix de Buck.   

Souffrance: L’histoire de Buck, un chien qui vivait des jours paisibles, dont le destin a subitement basculé. Il est rapidement confronté à la cruauté des hommes qui l’ exploitent et souvent le maltraitent, à la vie difficile et violente de chien de traîneau ainsi qu’ à la rudesse du grand Nord. Les hommes sont cruels lorsqu’ils veulent s’enrichir. La ruée vers l’or et le grand nombre de chercheurs d’or les rendent comme fous. Ce n’est pas le cas du juge Miller et de sa famille. Lorsque les hommes sont riches, ils prennent davantage soin des animaux de compagnie.   

Instinct : La vie difficile de chien de traîneau, la brutalité des hommes conduisent progressivement Buck à agir comme un animal sauvage. C’est grâce à cet instinct, endormi lorsqu’il vivait chez le juge Miller, qu’il survit. Il tue pour ne pas être tué. Il chasse pour se nourrir. Ce qu’il ressent est plus fort que lui.

 Si je devais donner un nouveau titre à mon livre, ce serait: 

« ENTRE DEUX MONDES »

 

                                                              Et ma nouvelle couverture serait :

 

NOUVELLE COUVERTURE

                                                         Voici une sélection de liens                                                                                                        

- Adaptation du roman au cinéma en 1972 par Charlton Heston

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- Afin de mieux connaître la vie de Jack London et son époque, voici quelques extraits documentaires que

vous pouvez découvrir en cliquant ici

       Ou sur la vidéo ci-dessous

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 Voici également ma lecture des premiers passages de L’Appel De La Forêt 

Jessim, 5e 1

 

Une Réponse à “L’APPEL DE LA FORET”

  1. rabelaisblog dit :

    c’est trop beau ce livre, c’est super bien raconté – bravo !!!!

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