Nouveau !! Ecoutez la légende en cliquant sur ce lien
Il était une fois une famille indienne qui vivait au bord du Gange. Chaque matin, au lever du soleil, le père, la mère et les sept enfants allaient laver les vêtements dans le fleuve. C’était leur travail. Les plus petits des enfants adoraient ce travail car en même temps ils s’amusaient beaucoup dans l’eau. Ils jouaient avec les animaux: les vaches, les singes, les chèvres étaient leur meilleurs amis. Mais les ainés auraient préféré faire autre chose. Ils rêvaient d’étudier et d’être indépendants.
Ce jour là, le ciel était particulièrement beau. La lumière était douce. Les couleurs étaient magnifiques: Le orange, le rouge, le jaune faisaient sourire le ciel. Mais plus le jour se levait, plus la chaleur augmentait. Quelques vieux indiens commencèrent à s’inquiéter:
-Mes enfants, aujourd’hui c’est notre dernier jour. Il y a trop de soleil. La Terre va brûler, dit un grand père .
-Mais non! Ce n’est pas vrai. C’est juste le délire d’un vieil homme malade, répondirent quelques gamins.

Pourtant le soleil semblait s’approcher de la Terre. La chaleur devenait insupportable et les plus faibles des hommes et des animaux s’évanouissaient les un après les autres.
Tout le monde se mit à paniquer. Les mères couraient après leurs enfants. L’eau du Gange commençait à descendre. Les gens s’agitaient, criaient et se précipitaient sur leurs seaux pour les remplir d’eau avant qu’elle soit complètement évaporée.
-Donne mon seau, c’est le mien, dit un homme.
-Tais-toi! laisse-moi tranquille! Je ne veux pas mourir.
-Tu ne penses qu’à toi et c’est mon seau.
Les hommes commencèrent à se battre et on voyait de plus en plus de gens s’entre-tuer.
Par chance, la petite souris, l’amie de Ganesh était là. Quand elle vit que le Gange se vidait et que le soleil semblait s’approcher de la Terre, elle décida de prévenir Ganesh. Celui-ci lui avait dit:
- Si tu as besoin de moi, ferme les yeux et dis trois fois mon nom: Ganesh, Ganesh, Ganesh je t’aiderai.

Quand Ganesh reçut le message, ses oreilles poussèrent. Aussitôt, il partit voir Shiva pour lui demander conseil.

-Shiva, en bas sur la Terre, c’est la crise. Les humains ont tellement pollué leur planète que l’atmosphère ne les protège plus. Le soleil les brûle et toute l’eau du Gange s’évapore. Que faut-il faire?

Shiva claqua des doigts et Ganga apparut.
– Ce n’est pas gentil Shiva de me déranger. Je suis malade aujourd’hui. Je suis fatiguée. Je me reposais et tu m’a réveillée brutalement. Pourquoi m’as-tu appelée?

- On a un problème sur la Terre. Le Gange est presque vide. C’est pour ça que tu es souffrante. Il faut que tu descendes sur Terre une deuxième car tu es la seule à pouvoir sauver l’humanité.
- Ah! Non! Je ne veux pas. Les Hommes ne m’ont pas assez respectée. Débrouille toi. – Si tu ne descends pas Ganga, tu vas mourir. Tu n’as pas le choix.
– Les humains ont fait du mal à l’eau, sans réfléchir à ce qu’ils faisaient. Ils n’ont pas pensé à moi et donc moi je ne veux plus penser à eux.
- On est une légende pour les humains, tu n’as pas le droit de mourir, tu es une déesse. – A quoi sert d’être une déesse si mes pouvoirs ne me permettent pas de me protéger?
A ce moment là, le père de Ganga apparut. C’était le puissant roi de l’Himalaya. Il avait l’air très faible lui aussi. Sa voix tremblait, il avait du mal à rester debout.
- Ganga, ma fille, tu es là. Je te cherchais. Je suis content de te voir. La neige de l’Himalaya est en train de fondre. Je vais perdre mon royaume. Descends immédiatement Ganga, je t’ordonne de descendre. Sauver les hommes, c’est sauver les Dieux.

- Je ne veux pas rester une deuxième fois prisonnière du chignon de Shiva. Non. Non. Et non. Je ne descends pas. Et j’en ai assez de la mythologie. On est en 2080, ça suffit. Il serait temps que les Dieux gagnent leur indépendance.
Tout à coup, un oiseau arriva tout essoufflé et tomba aux pieds de Ganga. Il y eut un grand silence. Les Dieux semblaient choqués. Ganesh prit l’oiseau dans ses mains et posa sa trompe sur sa tête. Aussitôt l’oiseau récupéra ses forces et se mit à parler:

- Ganga, sur Terre le Gange est maintenant vide. Tous les poissons se meurent. Tous les animaux qui vivent dans l’eau sont en train de mourir. Le soleil brûle l’esprit.
Lorsqu’elle entendit les paroles de l’oiseau, Ganga se mit à pleurer. Elle pensa à son ami le crocodile et elle pleura encore plus. Un torrent de larmes coula sur ses joues. Elle pleura tellement que ses larmes se métamorphosèrent en gouttes de pluie. Plus elle pleurait, plus il pleuvait sur Terre. Quand les humains sentirent la pluie, ils sautèrent de joie en hurlant

- Ganga! Ganga! Vient nous sauver. On s’excuse de t’avoir fait mal, de t’avoir oubliée. Tous se mirent à prier, à chanter et à adorer leur déesse.
Ganga descendit sous forme de gouttes d’eau. Ses larmes tombèrent aussi sur le soleil qui prit peur. L’eau éteint le feu.

- Ganga! Arrête de pleurer! Si je meurs l’humanité sera condamnée, hurla le soleil.
Quand Ganga entendit le soleil elle pleura plus fort encore.
- Décidément, je ne suis pas une bonne déesse car je ne me contrôle pas.
- Tu n’es pas responsable Ganga, répondit Ganesh en la prenant dans ses bras. Je serai toujours là pour te protéger.
- j’ai besoin de toi, Ganesh.
Sur ses mots, les larmes de Ganga se transformèrent en un vent qui souffla si fort qu’il repoussa la Terre et l’éloigna du Soleil.
Au bord du Gange, les indiens fêtèrent le retour de l’eau. Tout le monde chantait et dansait, même si beaucoup de gens et beaucoup d’animaux étaient morts. Ils firent un énorme feu pour le brûler. Ainsi tous gagnèrent le Nirvana.

- Mes enfant, la vie s’en va pour moi, mais pour vous elle continue dit le père de la famille de 7 enfants qui se rendait tous les jours au bord de l’eau pour laver le linge. Que cette journée soit une leçon pour nous tous. on doit prendre soin de ce qu’on a et être heureux de chaque seconde.
- Promis Papa, répondirent ensemble tous les enfants. Mais quelle solution pour gagner notre vie sans polluer l’eau?
Les enfants n’eurent pas de réponse car leur père venait de fermer les yeux et de rejoindre Ganga.
Récit collectif, La CLA